« L’utilisation du mercure est une réalité au Burundi. Il faut alors que cette substance soit combattue afin de barrer la route a ses effets néfastes sur la sante et sur l’environnement », précise Ignace Mfatavyanka, cadre a l’Office Burundais des Mines-OBM dans une formation des professionnels des médias sur les effets du mercure organisée à Gitega. Il affirme que cette substance est couramment utilisée par les orpailleurs sur les sites d’exploitation de l’or. Cependant, la manipulation de cette substance n’est pas sans conséquences d’autant plus qu’elle est manipulée a l’air libre et sans aucune protection. Ce qui laisse entendre que cela a des conséquences sur la santé et sur l’environnement
Quels sont les produits qui contiennent du mercure
Selon la convention de Minamata, repris par Jérôme Ahishakiye cadre à l’Office Burundais pour la Protection de l’Environnement, en plus du mercure utilisé par les orpailleurs, l’on trouve aussi le mercure dans les piles, dans les lampes fluorescentes compactes d’éclairage ordinaire, dans les tubes, dans les produits cosmétiques, dans les pesticides, dans les instruments de mesure tels que les baromètres, les manomètres, les thermomètres, etc. Et d’ajouter les amalgames dentaires utilisés dans les structures de soins de santé. A noter que le mercure contenu dans ces produits devient trop dangereux lorsque le produit arrive à terme.
La santé et l’environnement durement touchés
Selon Alphonse Polisi du ministère de l’Environnement, de l’Agriculture et de l’Elevage, le mercure est une substance toxique qui affecte le cerveau et le système nerveux, notamment chez le jeune enfant et le nourrisson, ainsi que le cœur et les reins. L’intoxication au mercure entraine différents problèmes neurologiques, dont des troubles de la coordination et de la mémoire.
Le mercure peut aussi attaquer le système cardiovasculaire, les reins, l’appareil digestif, le système immunitaire et les poumons et altérer la santé génésique des femmes, puisqu’il réduit la fertilité et augmente le risque de fausse couche. Il est particulièrement nocif pour les enfants, dont il peut compromettre le développement cognitif. De plus, ajoute Polisi, le mercure peut provoquer l'insuffisance rénale, les éruptions cutanées, la transpiration excessive, l’irritabilité, la faiblesse et l'hypertension artérielle.
Les femmes enceintes et les enfants sont plus exposés. Chez la femme enceinte, le méthylmercure peut traverser le placenta et s'accumuler dans le cerveau et les tissus du fœtus. L'enfant peut également être contaminé au méthylmercure par ingestion de lait maternel, déplore Polisi. Le système nerveux en développement d'un enfant est particulièrement sensible au méthylmercure. Les effets varient selon le niveau d’exposition, des problèmes de cécité ou encore des crises d'épilepsie.
Chez les adultes, les effets d'une exposition au méthylmercure se remarquent par des changements de personnalité, des tremblements, des troubles visuels, la perte de coordination musculaire et de sensation, des troubles de la mémoire, des déficiences intellectuelles et même le décès.
Jérôme karikumuryango un expert national en polluant organiques persistant fait savoir que la contamination par les vapeurs de mercure atteint plus gravement et plus directement les familles et les personnes voisines. L’air est davantage contaminé et les eaux de pluie amènent le mercure devenu liquide par condensation. Comme il l’indique, le mercure propagé par l’air, est lui, le plus dangereux car sous l’effet du vent il peut parcourir tous les continent et se retrouver dans les rivières, les lacs, les mers et les océans de toute la planète terre.
Comment inverser la tendance ?
Même si la commercialisation du mercure se fait dans la clandestinité, les experts demandent à la population d’éviter la manipulation de ce produit toxique. Ils conseillent aussi de ne pas jeter n’importe où les objets contenant le mercure. De plus, les ministères en charge de l’énergie, de la santé et du commerce doivent s’impliquer activement pour traquer les commerçants de ce produit. Pour mieux cerner et maîtriser les circuits de provenance et de commercialisation du mercure, une stratégie de collaboration régionale (CIRGL, EAC, SADEC, CEPGL) dans un cadre formel régional où les polices respectives de contrôle des frontières et des marchandises collaborent devrait être mise en place afin d´échanger les informations et de définir des actions communes de lutte contre la fraude du mercure.