En marge de la descente effectuée au parc National de la Kibira, secteur Teza, les journalistes regroupés au sein de l’Association des Journalistes Environnementalistes du Burundi (AJEB) se sont entretenues avec Deus Edith Niburana, un guide touriste fort d’une expérience de 35 ans dans le domaine. Il a tenu a souligné pourquoi faut-il visiter la Kibira. La première motivation de visiter le parc est l’extraordinaire richesse floristique et faunistique, l’endémicité qui est très importante avec 17 espèces pour les mammifères. En effet, dans ses différentes formations végétales se cachent des animaux comme les antilopes, les primates, les oiseaux et les ophidiens etc. Pour les passionnés d’ornithologie, il suffit de traverser la forêt à pieds, on y entend divers champs cantonnés par environ 200 espèces dont les plus remarquables sont l’aigle huppée (Lophaethus occipitalis), le touraco géant (Corythaecola cristata), calao à joues grises (Bycanistes sbcylindricus) etc.

Ce primate est un signe noir et blanc communément appelé Colobe d’Angola avec un pelage noir recouvert d’une cape de longs poils blancs. Il est ne descend que très rarement des arbres d’où son observation se fait dans les feuillages d’arbres.
Ce singe est un cercopithèque à tête de hibou, qui est arboricole diurne. La peau faciale est de couleur brun sombre à noire, rayée à son centre d’une éclatante bande blanche verticale sur le nez reliant les arcades sourcilières à la lèvre supérieure. Il est donc fréquent dans les formations à Arundinaria alpina très abondant dans les secteurs de Rwegura et Musigati.

Dans l’ensemble, plus de 644 espèces reparties dans différentes formations végétales à savoir : - Formation à Entandophragma excelsum et Parinari excelsa var.hostii ; - Formation à Parinari excelsa var.hostii et Polycias fulva ; - Formation à Polycias fulva et Macaranga neomildbreadiana et Syzygium parvifolium ; - Formation secondaire à Hagenia abyssinica et Faurea saligna ; - Formation à Philippia benguellensis et Protea madiensis ; - Formation à Arundinaria alpina ; - Formation de fond de thalweg correspondant aux marais
Dans la forêt, il existe de gros tout comme de petits végétaux assez intéressants sur le plan écologique, scientifique et économique. Parmi les plus gros figure l’espèce emblématique appelée Entandophragma excelsum (umuyove) tandis que pour les plus petits sont surtout du groupe des mousses, lichens et orchidées qu’on trouve accrochés sur de gros arbres. Ficus étrangleur.
Au niveau du secteur Teza se trouve un phénomène d’étranglement d’arbre par un autre qui utilise ses racines aériennes pour phagocyter l’autre et finit par l’étrangler de telle manière qu’on ne voit qu’un seul arbre, c’est le ficus « étrangleur ». Ce genre d’arbre se trouve le long du sentier dit « sentier noir » qui part de Nyamugari bas, longe la rivière Nyabihondo et aboutit au sentier du mont Teza. L’un se trouve à l’entrée et le second un peu avant la sortie de la forêt pour arriver dans la formation à Ericaceae où il n’y a pas d’arbres caractéristiques de la forêt. C’est un site pouvant servir de camping s’il était bien aménagé et d’ailleurs on le dénomme « Ku buhanza » du fait de l’absence de la forêt. En regardant vers le sud, on voit la forêt du dessus et selon les guides, il s’agit de la forêt où s’était retranché Maconco en rébellion contre le roi Mwezi Gisabo.
En remontant un peu le sentier du mont Teza qui passe au milieu de la crête Congo-Nil, une vue sur la ville de Bujumbura est possible à condition qu’il n’y ait pas du brouillard. Une fois sur le sommet de la crête Congo-Nil, une magnifique vue tant à l’Est qu’à l’Ouest est possible. De retour vers Nyamugari bas en passant par l’ancienne piste, une source d’eau potable est en pleine forêt à côté de ladite piste. Un visiteur sans eau peut, assis sur une pierre, se désaltérer ou réapprovisionner ses bouteilles.

En remontant le sentier noir, on passe à côté d’une petite chute sur la rivière Nyabihondo qui devient plus importante pendant la saison des pluies. Il faut bien remarquer la limpidité des eaux de ces rivières à l’intérieur du parc, mais une fois sortie de la forêt, la situation devient très bouleversante car toute l’eau devient brutalement brune. Dans le parc, il existe plusieurs chutes dans tous les secteurs.
Notons que plusieurs chutes d’eau existent sur différentes rivières dans tous les secteurs du parc (sur Munyiriri, Ruvyirame dans le secteur Rwegura ; Inabisigo et Mpongora dans le secteur Musigati ; Nkokoma dans le secteur Teza ; Kaburantwa, Nyabinyoni, Barizo dans le secteur Mabayi. Dans ce dernier secteur, il existe une chute portant le nom particulier. Il s’agit de la chute Inasumo aussi appelée « Inamujandi » car se trouvant dans la localité d’une forêt où s’était retranchée une femme du nom Inamujandi, en rébellion contre le roi.
A l’intérieur du parc et non loin du sommet du mont Teza, deux grottes dites Inangurire sont presque distantes d’une vingtaine de mètres (l’une en bas de l’autre) avec chacune une histoire autour d’elle la première étant plus grande que la seconde et c’est apparemment la plus visitée au regard de l’état de la paille et du sentier qui y mène. Selon Deus , la plus grande (à gauche) est la « mère » de la petite (à droite) « fille » qui se seraient entrées en désaccord et selon une certaine opinion, la « mère » aurait donc maudit sa « fille ». De ce fait, la « fille » est donc vénérée par ceux qui souhaitent réussir dans le mal tandis que ceux qui visitent la « mère » souhaitent réussir dans le bien. Comme pour les chutes, les grottes sont présentes dans tous les secteurs avec probablement différentes histoires autour d’elles (grottes de Kivumu et Nyakibari dans le secteur Rwegura ; grotte de Nyambeho dans le secteur Mabayi ; grottes de Mukongoro, Isamutambiro dans le secteur Musigati.
M. Niburana invite le gouvernement, les investisseurs dans le domaine touristique à développer des projets de construction des infrastructures pouvant permettre un bon séjour aux visiteurs. Il s’agit notamment des hôtels, une connexion internet, des pistes dans la kibira, des mini-marchés etc.