Le parc national de la Kibira est subdivisé en quatre secteur : Le secteur Mabayi, Teza, Rwegura et Musigati. Pour constater l’impact écologique et socioéconomique des activités réalisées par l’organisation 3C, les journalistes membres de l’Association des Journalistes Environnementalistes du Burundi (AJEB) ont visité ce parc en date du 09 au au 11 mars 2026. A côté de ce parc, les reporters ont fait un saut au parc national de la Rusizi, dans le secteur palmeraie.
Depuis le chef-lieu de la province Bujumbura, ancienne mairie de Bujumbura, les reporters débarquent en premier lieu dans le secteur Musigati, commune Mpanda sur la colline Kabanga. Sur cette dernière, pour mieux protéger la Kibira 3C a dû travaille avec la communauté environnante regroupée dans des associations.
Cette colline de la commune Mpanda est traversée par la rivière Kagogo. Tous près de cette dernière, une pépinière est érigée. Elle a été préparée et entretenue par l’Association « Twungubumwe dukingire ibidukijije » traduit un français par « Unissons-nous pour la protection de l’Environnement ». Cette dernière est composée de 40 membres. C’est-à-dire 18 hommes et 22 femmes. Appuyé par l’organisation 3C, l’OPBE et le PNLID, ces hommes et femmes qui, jadis détruisaient la Kibira constituent actuellement les piliers de protection de cette dernière. Ils indiquent y tirer des bénéfices écologiques et économiques.

Leonidas Nungubumwe, président de l'association : « Unissons-nous pour la protection de l’Environnement » précise que cette association a vu le jour en 2024 après la formation que les membres ont bénéficié de la part de 3C. Leur objectif : protéger la Kibira d’éventuelles destructions. « Nous nous sommes donnés l’objectif de protéger la Kibira contre d’éventuels menaces tels que les feux de brousse, le braconnage, la coupe d’arbre, la cueillette de certains fruits, la recherche du bois de chauffage, etc. afin de léguer à nos enfants un environnement vivable ».
Comme il l’indique, les activités de protection de la Kibira consistent en traçage de pare-feu pour délimiter les domaines publics des domaines familiaux, préparation des pépinières, traçage de piste inter-villageoises, la construction des ponts sur certaines rivières, la sensibilisation de la population sur la protection de la Kibira etc. Cependant, malgré tous ces efforts et initiatives, le président de l’Association regrette qu’il y ait encore des gens qui détruisent la Kibira.
Les retombées positives dans les familles

M. Nungubumwe reconnait que l’organisation 3C, à part la protection de la Kibira, a beaucoup contribué à l’amélioration des conditions de vie de la communauté environnante.
A rappeler que la rémunération des activités des groupements s’effectue en deux temps. Une partie, c’est-à-dire 60 % sont directement versés sur les comptes des membres alors que 40 % sont épargnés pour les projets futurs. Il indique que grâce à cette épargne, les membres de l’association « Unissons-nous pour la protection de l’environnement » ont pu s’acheter des chèvres et loué des terrains de cultures. « Nous avons acheté 10 chèvres et un terrain sur lequel nous avons cultivé un champ de choux et d'oignons. De plus, nous avons mis sur place une caisse d’épargne et de crédit ou chaque membre peut s’approvisionner en argent».
De leur part, les membres des associations ont pu monter de petits projets personnels. L’exemple est celui de Mme Nicelatte Ndayishimiye qui s’est acheté une chèvre, monté le petit commerce de tomates et de la bière de sorgho. Même son de cloche chez Gilberte Ningenza qui s’est acheté un porc et qui a aussi ouvert un restaurant de même que M. Sadique Singirankabo qui s’est acheté 4 poules. Il précise qu’au bout de quelques mois, ces dernières se sont multipliées. Actuellement, elles arrivent à 20 poules.
Le secteur palmeraie protégé De retour du secteur Musigati, les reports membres de l’AJEB ont fait escale au Narc National de la Rusizi, secteur palmeraie. La bas, les membres de la communauté Batwa regroupe au sein de la Coopérative « Tugire ibikorwa vyiza n’iterambere mu batwa » traduit en français par « Ouvrons pour le Développement Socio-économique des Batwa », sur appui technique de 3C exécutent des travaux de préparation de jeunes plants d’arbres autochtones dans les pépinières. En plus d’être utilisés dans le reboisement du parc National de la Rusizi, secteur palmeraie, ils sont aussi utilisés pour la délimitation du cimetière de Mpanda qui ne cesse d’envahir la Rukoko.
Jean de Dieu Nintuze président de l'association précisent que les efforts qu’ils fournissement sont rémunérés à 100 %. 60 pour cent vont couvrir les besoins urgents au moment où 40 pour cent vont à l’épargne pour financer les projets ultérieurs.

« Les atouts sont positifs. Nous avons une boutique. Aucun membre ne rencontre plus des difficultés financières. Lorsqu’ils n’ont pas d’argent sur eux, ils viennent dans la boutique et prennent ce dont ils ont besoins qu’ils rembourseront le jour de la rémunération ». Ils informent que, grâce à ces crédits, ceux qui avaient désertées la coopérative demande actuellement la réintégration.
Emmanuel Nsabimana président du secteur palmeraie indique qu’actuellement les membres de la coopérative trouve à nourrir aux enfants, à les faire soigner et les habiller.
De retour du Parc National de la Rusizi, les journalistes se sont rendus à Butanyerera commune Matongo qui abrite le secteur Teza du parc National de la Kibira. Dans ce secteur, on remarque les mêmes retombées économiques et écologiques. Le travail abattu par les associations, groupements et militants pour la protection de l’environnement sont remarquables et sont appréciés par l’administration locale.

Pasteur Hakizimana, un des conseillers sur la colline Rusekera, zone Busangana, commune Matongo province Butanyerera reconnait le rôle de indéniable de l’organisation 3C dans l’encadrement et le relèvement du niveau de vie de la population avec qui elle travaille. « En plus de de la multiplication des essences autochtones, elles nous aident beaucoup, nous les administratifs, pour combattre les gens qui détruisent la Kibira. Elles sont notre œil quand nous sommes pris par d’autres obligations. Quand les femmes mettent ensemble leur force, elles sont la source du développement et peuvent aussi lutter facilement contre les violences faites aux femmes. En plus, en travaillant, elles ramènent des richesses à la maison ce qui stabilisent les familles et nous facilitent le travail parce que l’entente familiale est consolidée et peu de mésententes sont enregistrées.
Pourquoi protéger la Kibiri ? Les membres des associations soutenues et encadrées par l’organisation reconnaissent le rôle vital joué par la Kibira. Ils indiquent que le parc national de la Kibira constitue un château un « château d'eau » vital, fournissant plus de 50 % de l'énergie hydroélectrique et 75 % des eaux du pays. Cette forêt de montagne de 40 000 ha protège les sols, abrite une biodiversité unique (chimpanzés, singes dorés) et joue un rôle clé contre le changement climatique.