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Alors que les déchets électriques et électroniques (DEE) sont éparpillés partout au Burundi et causent des dégâts énormes sur la santé et l’environnement, l’Association Burundaise des Consommateurs-Transparency International a, ce samedi 27 septembre 2025, organisé un atelier de sensibilisation sur les dangers des déchets électriques et électroniques. De surcroit, elle invite les pouvoirs publics à s’impliquer pour une gestion efficace de ces déchets.
Les déchets d'équipements électriques et électroniques (DEEE ou D3E) sont tous les appareils en fin de vie qui fonctionnent à l'aide d'un courant électrique ou d'un champ électromagnétique, comme les téléphones, les ordinateurs, et les appareils électroménagers. Ces déchets constituent un danger sanitaire majeur en raison des substances toxiques (plomb, mercure, dioxines) qu'ils libèrent dans l'environnement.  

Au Burundi, la gestion des déchets reste un défi de taille malgré la volonté du gouvernement et des associations œuvrant dans la valorisation. Pour toutes sortes de déchets, la volonté de collecte et de recyclage est palpable mais la concrétisation devient une équation à plusieurs inconnues. Le pire arrive lorsqu’il s’agit de la collecte et de la valorisation des déchets électriques et électroniques. Peu ou pas d’initiatives sont entreprises alors que ces déchets présentent des dangers pervers sur la santé et sur l’environnement. Raison pour laquelle, l’Association Burundaise des Consommateurs-Transparency International appelle les pouvoir publics et la population à une gestion efficace de ces déchets. 

Noël Nkurunzi, secrétaire général de l’ABUCO-TI Burundi  
Noël Nkurunzi, secrétaire général de l’ABUCO-TI Burundi, lors de l’ouverture d’un atelier ci-haut énoncé, a alerté sur les dangers des déchets électriques et électroniques sur l’environnement et la santé humaine. « Les déchets électriques et électroniques constituent un problème lié à la santé  publique et à l’environnement », lance-t-il. Avant d’affirmer que l’absence d’une gestion appropriée, des tonnes et des tonnes des DEE sont jetées dans les caniveaux, dans les rues ou brûlées dans les ménages. Ce qui polluent l’environnement et par conséquent, constituent une menace à la santé humaine.  

Le secrétaire général regrette que lors de la collecte et l’enlèvement des immondices, les déchets électriques et électroniques sont enlevés avec d’autres types de déchets alors de ces derniers devraient avoir un traitement spécial compte tenu de sa dangerosité. Pire encore, déplore M. Nkurunziza, la destination finale des DEE est dans le lac Tanganyika, ce réservoir d’eau douce dans le monde consommée par plus de 90 % de la population de la capitale politique. Pour Noël Nkurunziza, cette destination finale des DEE dans le lac constitue une menace pour le lac, sa biodiversité et l’homme. 

Barnabé Ndayikeza, expert en communication environnementale reconnait que les déchets électriques et électroniques existent bel et bien au Burundi. Cela se traduit par la quantité de déchets collectée et recyclée par la Société Glice. Malgré que les données disponibles ne renseignent pas sur le volume des DEE. Les Seules données disponibles sont celles collectés par l’Association Glice qui révèlent qu’en 2015 plus de 30 tonnes des DEES ont été collectées. En 2019, plus de 65 tonnes, soit une augmentation de 53,8%. Ce qui laisse entendre qu’on ne peut pas prétendre une gestion efficace des DEE tant qu’on ne connait pas la quantité exacte existant au Burundi.  

Dans ce rapport cité par M. Ndayikeza, en 2023, l’Association Glice a collecté 104 tonnes de DEE. Ce qui démontre à suffisance que les déchets électroniques et électriques émanant  des équipements électriques et électroniques sont en nette croissance.  

Impact  environnementaux
Barnabé Ndayikeza, expert en communication environnementale 
Selon Ndayikeza, les déchets électroniques et électroniques contiennent des substances toxiques telles que le plomb, le cadmium, le mercure et les retardateurs de flamme bromés, qui peuvent contaminer le sol, l’eau et l’air lorsqu’ils sont éliminés de manière inappropriée. En Afrique, le brûlage à l’air libre et la mise en décharge des déchets électroniques sont des pratiques courantes qui entraînent une dégradation et une pollution importantes de l’environnement. L’extraction de matériaux précieux à partir des déchets électroniques se fait souvent dans un cadre informel, ce qui contribue à l’épuisement des ressources et à la dégradation de l’environnement.

Impact sur la santé

Parlant des impacts sur la santé, l’expert en communication environnementale ne mâche pas les mots. Les déchets électriques et électroniques ont des conséquences néfastes sur la santé. « Les déchets électroniques contiennent plusieurs substances neurotoxiques connues, dont le plomb et le mercure, qui peuvent perturber le développement du système nerveux central pendant la grossesse, la petite enfance, l'enfance et l’adolescence. Certaines substances toxiques nocives issues des déchets électroniques peuvent également affecter le développement structurel et le fonctionnement des poumons ». IL ajoute que l’exposition aux déchets des équipements électriques et électroniques met en évidence la survenue de troubles respiratoires, digestifs ainsi que des irritations oculaires. Ces déchets peuvent aussi provoquer des troubles hormonaux, les cancers des poumons, des complications pendant la grossesse, un cancer de la prostate, l’insuffisance rénale, etc. 

Des recommandations formulées 

Les participants à l’atelier ont formulé des recommandations à l’endroit du gouvernement selon lesquelles le gouvernement doit prendre les devants dans le combat contre les déchets électriques et électroniques notamment en mettant en place une politique et une stratégie nationale de gestion des e-déchets. De plus, ajoutent les participants, les services douaniers doivent appuyer les organismes de gestion de l’environnement. Il y a aussi besoin d’une étude de référence des déchets des équipements électriques et électroniques en fin de vie au Burundi. 

Il faut aussi des campagnes de sensibilisation sur les dangers des DEE et les mécanismes de prévention à laquelle on ajoute une étude socio-économique des impacts des D3E au Burundi. 

Notons que, soucieuse d’une saine vie des consommateurs, l’Association Burundaise des Consommateurs ABUCO-TI Burundi a déjà mené des études, animé des ateliers dans le domaine de l’environnement sur la gestion des déchets plastiques, la gestion des médicaments non utilisés dans les ménages et voilà la gestion des déchets électriques et électroniques. 

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