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Le ministère de la santé publique en collaboration avec Burundi Non Communicable Diseases Association a organisé mardi le 12 novembre 2019 dans les enceintes de l’Institut National de Santé Publique, une conférence de plaidoyer et de sensibilisation des partenaires clés sur la prévention et la maîtrise des Maladies chroniques Non Transmissibles (MNT) au Burundi. Selon Jean Baptiste Nzorironkankuze, secrétaire permanant au ministère de la santé, ces maladies restent la principale cause des décès dans le monde

D’après le rapport de l’Organisation Mondiale de la Santé de 2016, chaque année,  41 millions soit 71% de décès dans le monde sont dus aux maladies chroniques non transmissibles. Ce même rapport note que 15 millions de personnes, âgées de 30 à 69 ans meurent d’une maladie chronique non transmissible. Le rapport ajoute que plus de 80% de ces décès « prématurés » surviennent dans les pays à revenus faibles ou intermédiaires. Il s’agit principalement des maladies cardiovasculaires, des cancers, des maladies respiratoires chroniques et du diabète.

Dr Etienne Niyonzima, directeur du programme en charge des MNT au ministère de la Santé Publique indique qu’au Burundi, la prévalence de ces pathologies n’est pas connue. Il note que le pays fait face à un faible niveau de données sur ces maladies ainsi que la méconnaissance de ces maladies par les communautés et les décideurs.

Toutefois, Dr Niyonzima fait savoir que les données parcellaires montrent que ces maladies sont en constante augmentation. Les données de l’étude menée par Dr Alexis Nizigiyimana et Professeur François Ndikumwenayo avec l’appui du ministère de la Santé Publique et l’Association Burundi Non Communicable Deases Alliance et l’Association Burundaise de Lutte contre l’Asthme, dans les provinces de Cibitoke et Bujumbura en 2019 montrent que sur 1233 personnes interviewées, 15,3% ont la prévalence de l’hypertension  au moment où 17,1%  ont la prévalence de diabète. Selon l’enquête nationale sur les facteurs de risques des maladies non transmissibles, STEPS réalisée dans la province de Kirundo en 2013, la prévalence de l’hypertension était de 25,2 % et celle du diabète est de 1%

Les facteurs de risques

Les facteurs de risques communs reconnus aux MNT sont la consommation du tabagisme, l’usage nocif d’alcool, la consommation excessive de sel et de sucre, l’insuffisance d’activité physique, la pollution environnementale, l’obésité et un régime alimentaire malsain, etc. 

D’après l’enquête STEPS effectuée dans la province Kirundo en 2013, la prévalence de l’obésité était de 0,4%, le tabagisme représentait 20%, la consommation nocive de l’alcool était de 88%, la faible consommation des fruits et légumes  quant à elle, représentait 91,5% tandis que la
faible activité physique représentait 16,7%.

Ces maladies influent sur l’économie

Pour le Secrétaire Permanant au ministère de la santé, les MNT représentent non seulement une des causes majeures de la pauvreté, elles constituent aussi un obstacle à la croissance économique mais aussi une menace sérieuse pour le développement durable.  Comme le montre le plan d’action multisectoriel de prévention et de contrôle des maladies non transmissibles 2019-2023, les pertes économiques cumulées sur 15 ans, imputables à ces maladies, sont estimées à 7000 milliards de dollars, fait-il remarquer.

Le plan d’action mondial de l’OMS 2013-2020 recommande aux institutions et aux fonds des Nations Unies de collaborer avec les Etats afin de leur apporter les appuis techniques et financiers indispensables pour assurer le bien-être des populations, sauver des vies et éviter de compromettre les progrès du monde.Ce plan estime que si rien n’est fait, la mondialisation des modes de vie, l’urbanisation et le vieillissement progressif de la population mèneront à des taux de prévalence toujours plus grands des MNT. La mortalité imputable aux MNT pourra atteindre 55 millions par an en 2030.

L’enquête STEPS est une étude transversale descriptive au niveau national, sur un échantillon représentatif majoré de 10 % de 6306 individus âgés entre 18-69 ans résidents dans les ménages sélectionnés.

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