
D’après le rapport
de l’Organisation Mondiale de la Santé de 2016, chaque
année, 41 millions soit 71% de décès dans le monde sont dus aux
maladies chroniques non transmissibles. Ce même rapport note que 15
millions de personnes, âgées de 30 à 69 ans meurent d’une maladie chronique non
transmissible. Le rapport ajoute que plus de 80% de ces décès « prématurés »
surviennent dans les pays à revenus faibles ou intermédiaires. Il s’agit
principalement des maladies cardiovasculaires, des cancers, des maladies respiratoires
chroniques et du diabète.
Dr Etienne Niyonzima, directeur du
programme en charge des MNT au ministère de la Santé Publique indique qu’au
Burundi, la prévalence de ces pathologies n’est pas connue. Il note que le pays
fait face à un faible niveau de données sur ces maladies ainsi que la
méconnaissance de ces maladies par les communautés et les décideurs.
Toutefois, Dr Niyonzima fait savoir que
les données parcellaires montrent que ces maladies sont en constante
augmentation. Les données de l’étude menée par Dr Alexis Nizigiyimana et
Professeur François Ndikumwenayo avec l’appui du ministère de la Santé Publique
et l’Association Burundi Non Communicable Deases Alliance et l’Association
Burundaise de Lutte contre l’Asthme, dans les provinces de Cibitoke et
Bujumbura en 2019 montrent que sur 1233 personnes interviewées, 15,3% ont la
prévalence de l’hypertension au moment où 17,1% ont la
prévalence de diabète. Selon l’enquête nationale sur les facteurs de risques
des maladies non transmissibles, STEPS réalisée dans la province de Kirundo en
2013, la prévalence de l’hypertension était de 25,2 % et celle du diabète est
de 1%
Les facteurs de risques
Les facteurs de risques communs reconnus
aux MNT sont la consommation du tabagisme, l’usage nocif d’alcool, la
consommation excessive de sel et de sucre, l’insuffisance d’activité physique,
la pollution environnementale, l’obésité et un régime alimentaire malsain,
etc.
D’après l’enquête STEPS effectuée dans
la province Kirundo en 2013, la prévalence de l’obésité était de 0,4%, le
tabagisme représentait 20%, la consommation nocive de l’alcool était de 88%, la
faible consommation des fruits et légumes quant à elle, représentait
91,5% tandis que la
faible activité physique représentait 16,7%.
Ces maladies influent sur l’économie
Pour le Secrétaire Permanant au
ministère de la santé, les MNT représentent non seulement une des causes
majeures de la pauvreté, elles constituent aussi un obstacle à la croissance
économique mais aussi une menace sérieuse pour le développement
durable. Comme le montre le plan d’action multisectoriel de
prévention et de contrôle des maladies non transmissibles 2019-2023, les pertes
économiques cumulées sur 15 ans, imputables à ces maladies, sont estimées à
7000 milliards de dollars, fait-il remarquer.
Le plan d’action mondial de l’OMS
2013-2020 recommande aux institutions et aux fonds des Nations Unies de
collaborer avec les Etats afin de leur apporter les appuis techniques et
financiers indispensables pour assurer le bien-être des populations, sauver des
vies et éviter de compromettre les progrès du monde.Ce plan estime que si
rien n’est fait, la mondialisation des modes de vie, l’urbanisation et le
vieillissement progressif de la population mèneront à des taux de prévalence
toujours plus grands des MNT. La mortalité imputable aux MNT pourra atteindre
55 millions par an en 2030.
L’enquête STEPS est une étude
transversale descriptive au niveau national, sur un échantillon représentatif
majoré de 10 % de 6306 individus âgés entre 18-69 ans résidents dans les
ménages sélectionnés.